Réinventer l’évaluation : l’IA au service de la théorie du changement… et de l’échec pour une évaluation intégrée
Webinar | Online
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Organized by:
Association pour la Promotion de l'Evaluation au Mali
- In partnership with: Dr Abdourahamane dit Baffa Keita
About the Event
1. Comprendre les deux approches de la gestion de projet à l’ère de l’IA
Dans le domaine des projets de développement, il est essentiel de comprendre les théories sous-jacentes qui guident la planification, la mise en œuvre et l'évaluation pour garantir leur réussite. Parmi les cadres théoriques les plus importants figurent la théorie du changement (ToC) et la théorie de l'échec (TdE). Ces concepts offrent aux professionnels du développement des perspectives distinctes à travers lesquelles ils peuvent envisager leurs projets, chacune proposant des idées et des stratégies uniques pour atteindre les résultats souhaités et éviter les écueils potentiels. Tandis que la TdC propose une vision optimiste et structurée du changement souhaité, la TdE adopte une approche critique centrée sur l’identification des risques et des points de défaillance.
Avec l’avènement de l’intelligence artificielle, ces deux cadres gagnent en précision, en profondeur analytique et en applicabilité. Des outils tels que Copilot Studio permettent désormais d’analyser de vastes quantités de données, d’identifier des schémas causaux pertinents, de détecter des risques émergents et d’enrichir la réflexion stratégique. L’IA devient ainsi un co analyste capable d’aider les équipes à articuler plus rapidement et plus finement leurs hypothèses, leurs trajectoires de changement et leurs vulnérabilités potentiellement critiques.
Cette intégration de l’IA ne remplace pas l’expertise humaine : elle l’amplifie. En fournissant des analyses dynamiques, des suggestions éclairées et des visualisations automatisées, l’IA permet de mieux comprendre la logique interne des projets, de questionner plus systématiquement les hypothèses, et d’aligner plus efficacement la TdC et la TdE dans une perspective d’apprentissage continu et d’amélioration des performances.
Ainsi, la combinaison des deux approches – renforcée par l’intelligence artificielle – constitue une base conceptuelle robuste pour une gestion de projet plus anticipative, plus agile et plus résiliente.
2. Théorie du Changement : Une feuille de route vers l’impact
La TdC est une description et une illustration complètes de la manière dont un changement souhaité devrait se produire dans un contexte particulier et des raisons pour lesquelles il devrait se produire. Elle est particulièrement utile dans les contextes complexes où les résultats dépendent de multiples facteurs contextuels (UNDG, 2019; Dzino-Silajdzic, 2022). Il s'agit d'un outil utilisé pour la planification, la participation et l'évaluation, qui articule le processus de changement en décrivant les liens de causalité dans une initiative, c'est-à-dire ses résultats à court terme, à moyen terme et à long terme (Woodrow & Oatley, 2013). L'approche de la théorie du changement consiste à identifier les conditions et les interventions nécessaires pour atteindre un objectif donné. La TdC, c’est aussi une série hypothétique de changements attendus dans un contexte donné, résultant d’actions spécifiques. Elle repose sur une articulation logique entre les activités, les outputs, les outcomes et l’impact, tout en tenant compte des facteurs contextuels et des hypothèses. Selon Gugerty (2023), la TdC sert de fondation pour la conception et l’évaluation des programmes sociaux, en structurant les questions d’évaluation et les systèmes de mesure. Elle se décline en deux dimensions :
Un processus de réflexion stratégique permettant de formuler les causes profondes d’un problème et les leviers de changement.
Un produit illustré par un graphique conceptuel et un narratif explicatif.
Le modèle TdC inclut les sphères de contrôle, d’influence et d’intérêt, et met en lumière les résultats inattendus et les facteurs d’influence. Il est essentiel que la TdC reflète une compréhension fine du contexte d’implémentation.
Enfin, comme avantages, la TdC permet d'établir une feuille de route détaillée des étapes nécessaires pour parvenir au changement souhaité, ce qui peut s'avérer inestimable dans le cadre de projets complexes comportant de nombreux éléments mobiles. Elle encourage les parties prenantes à exprimer clairement leurs hypothèses sur la manière dont le changement se produit et les raisons pour lesquelles il se produit, favorisant ainsi la transparence et une compréhension commune. De plus, la théorie du changement offre un moyen structuré de réfléchir à l'approche du projet et de l'améliorer au fil du temps, sur la base de preuves empiriques et d'une analyse critique.
3. Théorie de l’Échec : Anticiper les revers pour mieux réussir
Contrairement à la théorie du changement, la théorie de l'échec (TdE) vise à identifier et à comprendre les raisons potentielles de l'échec d'un projet. Cette approche met l'accent sur la nécessité d'anticiper les défis et les obstacles susceptibles de faire dérailler un projet, permettant ainsi une gestion proactive des risques en identifiant les points de défaillance, les causes sous-jacentes, les cheminements d’échec et les stratégies d’atténuation et la mise en place de stratégies d'atténuation. La théorie de l'échec repose sur la conviction qu'il est tout aussi important de comprendre ce qui peut mal tourner que de savoir ce qui devrait bien se passer. Ses éléments clés incluent :
Points de défaillance/échec : aspects spécifiques du projet qui sont vulnérables à l'échec.
Cheminement/parcours de l'échec : cheminement spécifique de la séquence des points de défaillance et de leurs effets.
Causes de l'échec : raisons sous-jacentes qui pourraient conduire à l'échec du projet.
Stratégies d'atténuation : mesures prises pour prévenir ou minimiser l'impact des échecs potentiels.
Leçons apprises : enseignements tirés des échecs passés qui peuvent éclairer la conception et la mise en œuvre de futurs projets.
La TdE repose sur l’idée que comprendre ce qui peut mal tourner est aussi crucial que planifier le succès. De ses nombreux avantages, la TdE encourage d’abord une approche proactive de la gestion des risques. En identifiant les points de défaillance potentiels et leurs causes dès le début du cycle de vie du projet, elle permet d'élaborer des stratégies d'atténuation solides. Cette approche permet d'économiser du temps, des ressources et des efforts en prévenant les problèmes avant qu'ils ne surviennent. De plus, tirer les leçons des échecs passés fournit des informations précieuses qui peuvent améliorer la conception et l'exécution des projets futurs. Jancovich et al. (2025) recommandent d’intégrer les échecs dans les évaluations d’impact pour éviter les récits biaisés de succès
4. Analyse comparative TdC vs TdE : Optimisme vs Prudence
Si la TdC et la TdE sont toutes deux essentielles à une gestion de projet efficace, elles offrent des perspectives et des avantages différents. La théorie du changement est intrinsèquement optimiste, car elle se concentre sur les changements souhaités et les étapes nécessaires pour les atteindre. Elle fournit une feuille de route claire et structurée vers la réussite, qui peut favoriser l'adhésion des parties prenantes et guider la mise en œuvre du projet (Vogel, 2012).
D'autre part, la TdC est plus prudente et critique, soulignant l'importance d'identifier et d'atténuer les risques. Elle complète la théorie du changement en garantissant que les obstacles potentiels ne sont pas négligés et que des plans de deuxième ligne sont en place (Patton, 2011). Le tableau suivant resume la difference entre les deux concepts.
Tableau 1 : Analyse comparative TdC vs TdE
Aspect Théorie du Changement Théorie de l’Échec
Orientation Optimiste Prudente
Objectif Atteindre les résultats souhaités Éviter les échecs
Méthodologie Planification structurée Analyse critique des risques
Avantage Mobilisation des parties prenantes Préparation aux imprévus
Limite Risque de négliger les obstacles Vision parfois trop conservatrice
La TdC offre une vision claire et mobilisatrice, tandis que la TdE garantit une vigilance constante face aux risques. Leur complémentarité est essentielle pour une gestion de projet efficace.
5. Vers une approche intégrée : Synergie des deux cadres
Pour une approche holistique de la gestion de projet, il est recommandé d'intégrer à la fois la théorie du changement et la théorie de l'échec. Cette double approche garantit que, tout en visant la réussite, l'équipe de projet est également préparée à d'éventuels revers (James, 2011). Voici quelques étapes pour intégrer efficacement ces deux théories :
Planification compréhensive et complète : commencez par une théorie du changement détaillée pour définir les résultats souhaités et les interventions nécessaires. Parallèlement, élaborez une théorie de l'échec pour identifier les risques potentiels et les stratégies d'atténuation (Funnell & Rogers, 2011)
Suivi continu : mettez en place un système de suivi robuste qui permet de suivre les progrès vers les résultats souhaités tout en surveillant les points de défaillance potentiels (Bamberger, Vaessen, & Raimondo ; 2016).
Evaluation : à l’évaluation de base les deux théories permettent de revoir et rendre le projet pertinent. A mi-parcours, elles permettent de corriger et mettre en place des plans de deuxième ligne. Enfin à l’évaluation finale, cela permet de tirer les leçons des échecs pour les programmations futures.
Engagement des parties prenantes : impliquez les parties prenantes dans les processus de planification et d'évaluation des risques afin de garantir une compréhension commune et un engagement commun envers la réussite et la gestion des risques (Mayne, 2015).
Gestion adaptative : utilisez les informations tirées du suivi et de l'évaluation pour adapter et affiner la théorie du changement et la théorie de l'échec et de même le projet tout au long de son cycle de vie (Rogers, 2014).
6. L’IA au service des deux théories
L’intégration de l’intelligence artificielle ouvre une nouvelle ère pour la planification et l’évaluation des projets de développement. Grâce à Copilot Studio, nous pouvons désormais automatiser et enrichir la construction simultanée de la Théorie du Changement (TdC) et de la Théorie de l’Échec (TdE), en nous appuyant sur des capacités avancées d’analyse, de raisonnement et de modélisation.
L’IA permet d’explorer rapidement de vastes sources d’information, d’identifier les chaînes de causalité plausibles, de formuler des hypothèses contextuelles et d’anticiper les risques potentiels dès les premières étapes du cycle de projet. En générant automatiquement une TdC structurée et une TdE associée, Copilot Studio aide les équipes à visualiser à la fois les chemins de réussite et les chemins d’échec, renforçant ainsi la robustesse conceptuelle du design du projet. Cette approche intégrée permet de :
• accroître la qualité et la cohérence des modèles de changement ;
• détecter précocement les points de défaillance probables et leurs causes sous-jacentes ;
• proposer des stratégies d’atténuation adaptées et immédiatement exploitables ;
• adapter en continu les théories au fil des données de suivi et d’évaluation.
En combinant les forces de la TdC et de la TdE, l’IA joue ainsi un rôle d’assistant stratégique, facilitant une évaluation plus complète, plus réactive et plus fiable des projets de développement. Copilot Studio devient un véritable agent d’aide à la décision, permettant de transformer la manière dont nous concevons, suivons et évaluons l’impact.
7. Conclusion
La TdC et la TdE offrent chacune des cadres précieux pour comprendre et gérer les projets de développement. Alors que la théorie du changement fournit une voie claire pour atteindre les résultats souhaités, la théorie de l'échec garantit que les risques potentiels sont anticipés et traités. En intégrant ces deux approches, les professionnels du développement peuvent créer des projets plus résilients et plus efficaces, bien équipés pour faire face aux complexités et aux incertitudes inhérentes au travail de développement (Weiss, 1995). Cette double approche renforce non seulement la crédibilité du projet auprès des investisseurs, mais augmente également les chances d'obtenir des résultats durables et percutants (Connell & Kubisch, 1998).
Grâce à des outils tels que Copilot Studio, l’IA devient un véritable partenaire analytique, capable de renforcer la logique de projet à chaque étape : en stimulant la formulation des hypothèses, en détectant les risques émergents, en analysant des volumes de données auparavant inexploitables, et en générant des visualisations et scénarios dynamiques pour éclairer les décisions. L’IA ne se contente pas d’automatiser – elle amplifie la capacité d’analyse, améliore la cohérence des modèles et favorise une démarche d’apprentissage continu tout au long du cycle du projet.
L’intégration de l’IA dans les processus TdC/TdE n’est donc pas un simple ajout technologique, mais une évolution structurelle de l’évaluation : plus réactive, plus prédictive, plus fondée sur les données, et mieux alignée avec la complexité des interventions de développement. En adoptant ces innovations, les institutions peuvent concevoir des projets plus robustes, anticiper les points de défaillance avec davantage de précision et augmenter significativement les chances d’obtenir des résultats durables et mesurables.
En somme, la combinaison de la TdC, de la TdE et de l’IA constitue une approche intégrée et puissante, capable d’élever la qualité des analyses, de renforcer la crédibilité des projets et de transformer la manière dont nous évaluons l’impact dans un monde de plus en plus complexe.
8. Études de cas et Demo avec Copilot Studio AI Agent
Trois exemples illustrent l’application conjointe des deux théories :
Évaluation de base : Projet d’éducation en Afrique de l’Ouest.
Évaluation à mi-parcours : Projet de santé en Afrique de l’Est.
Évaluation finale : Projet de microfinance en Asie.
Ces cas seront détaillés durant la présentation afin de montrent que l’intégration TdC/TdE permet d’anticiper les défis, d’ajuster les interventions et de maximiser l’impact dans un contexte concret.
Dans le domaine des projets de développement, il est essentiel de comprendre les théories sous-jacentes qui guident la planification, la mise en œuvre et l'évaluation pour garantir leur réussite. Parmi les cadres théoriques les plus importants figurent la théorie du changement (ToC) et la théorie de l'échec (TdE). Ces concepts offrent aux professionnels du développement des perspectives distinctes à travers lesquelles ils peuvent envisager leurs projets, chacune proposant des idées et des stratégies uniques pour atteindre les résultats souhaités et éviter les écueils potentiels. Tandis que la TdC propose une vision optimiste et structurée du changement souhaité, la TdE adopte une approche critique centrée sur l’identification des risques et des points de défaillance.
Avec l’avènement de l’intelligence artificielle, ces deux cadres gagnent en précision, en profondeur analytique et en applicabilité. Des outils tels que Copilot Studio permettent désormais d’analyser de vastes quantités de données, d’identifier des schémas causaux pertinents, de détecter des risques émergents et d’enrichir la réflexion stratégique. L’IA devient ainsi un co analyste capable d’aider les équipes à articuler plus rapidement et plus finement leurs hypothèses, leurs trajectoires de changement et leurs vulnérabilités potentiellement critiques.
Cette intégration de l’IA ne remplace pas l’expertise humaine : elle l’amplifie. En fournissant des analyses dynamiques, des suggestions éclairées et des visualisations automatisées, l’IA permet de mieux comprendre la logique interne des projets, de questionner plus systématiquement les hypothèses, et d’aligner plus efficacement la TdC et la TdE dans une perspective d’apprentissage continu et d’amélioration des performances.
Ainsi, la combinaison des deux approches – renforcée par l’intelligence artificielle – constitue une base conceptuelle robuste pour une gestion de projet plus anticipative, plus agile et plus résiliente.
2. Théorie du Changement : Une feuille de route vers l’impact
La TdC est une description et une illustration complètes de la manière dont un changement souhaité devrait se produire dans un contexte particulier et des raisons pour lesquelles il devrait se produire. Elle est particulièrement utile dans les contextes complexes où les résultats dépendent de multiples facteurs contextuels (UNDG, 2019; Dzino-Silajdzic, 2022). Il s'agit d'un outil utilisé pour la planification, la participation et l'évaluation, qui articule le processus de changement en décrivant les liens de causalité dans une initiative, c'est-à-dire ses résultats à court terme, à moyen terme et à long terme (Woodrow & Oatley, 2013). L'approche de la théorie du changement consiste à identifier les conditions et les interventions nécessaires pour atteindre un objectif donné. La TdC, c’est aussi une série hypothétique de changements attendus dans un contexte donné, résultant d’actions spécifiques. Elle repose sur une articulation logique entre les activités, les outputs, les outcomes et l’impact, tout en tenant compte des facteurs contextuels et des hypothèses. Selon Gugerty (2023), la TdC sert de fondation pour la conception et l’évaluation des programmes sociaux, en structurant les questions d’évaluation et les systèmes de mesure. Elle se décline en deux dimensions :
Un processus de réflexion stratégique permettant de formuler les causes profondes d’un problème et les leviers de changement.
Un produit illustré par un graphique conceptuel et un narratif explicatif.
Le modèle TdC inclut les sphères de contrôle, d’influence et d’intérêt, et met en lumière les résultats inattendus et les facteurs d’influence. Il est essentiel que la TdC reflète une compréhension fine du contexte d’implémentation.
Enfin, comme avantages, la TdC permet d'établir une feuille de route détaillée des étapes nécessaires pour parvenir au changement souhaité, ce qui peut s'avérer inestimable dans le cadre de projets complexes comportant de nombreux éléments mobiles. Elle encourage les parties prenantes à exprimer clairement leurs hypothèses sur la manière dont le changement se produit et les raisons pour lesquelles il se produit, favorisant ainsi la transparence et une compréhension commune. De plus, la théorie du changement offre un moyen structuré de réfléchir à l'approche du projet et de l'améliorer au fil du temps, sur la base de preuves empiriques et d'une analyse critique.
3. Théorie de l’Échec : Anticiper les revers pour mieux réussir
Contrairement à la théorie du changement, la théorie de l'échec (TdE) vise à identifier et à comprendre les raisons potentielles de l'échec d'un projet. Cette approche met l'accent sur la nécessité d'anticiper les défis et les obstacles susceptibles de faire dérailler un projet, permettant ainsi une gestion proactive des risques en identifiant les points de défaillance, les causes sous-jacentes, les cheminements d’échec et les stratégies d’atténuation et la mise en place de stratégies d'atténuation. La théorie de l'échec repose sur la conviction qu'il est tout aussi important de comprendre ce qui peut mal tourner que de savoir ce qui devrait bien se passer. Ses éléments clés incluent :
Points de défaillance/échec : aspects spécifiques du projet qui sont vulnérables à l'échec.
Cheminement/parcours de l'échec : cheminement spécifique de la séquence des points de défaillance et de leurs effets.
Causes de l'échec : raisons sous-jacentes qui pourraient conduire à l'échec du projet.
Stratégies d'atténuation : mesures prises pour prévenir ou minimiser l'impact des échecs potentiels.
Leçons apprises : enseignements tirés des échecs passés qui peuvent éclairer la conception et la mise en œuvre de futurs projets.
La TdE repose sur l’idée que comprendre ce qui peut mal tourner est aussi crucial que planifier le succès. De ses nombreux avantages, la TdE encourage d’abord une approche proactive de la gestion des risques. En identifiant les points de défaillance potentiels et leurs causes dès le début du cycle de vie du projet, elle permet d'élaborer des stratégies d'atténuation solides. Cette approche permet d'économiser du temps, des ressources et des efforts en prévenant les problèmes avant qu'ils ne surviennent. De plus, tirer les leçons des échecs passés fournit des informations précieuses qui peuvent améliorer la conception et l'exécution des projets futurs. Jancovich et al. (2025) recommandent d’intégrer les échecs dans les évaluations d’impact pour éviter les récits biaisés de succès
4. Analyse comparative TdC vs TdE : Optimisme vs Prudence
Si la TdC et la TdE sont toutes deux essentielles à une gestion de projet efficace, elles offrent des perspectives et des avantages différents. La théorie du changement est intrinsèquement optimiste, car elle se concentre sur les changements souhaités et les étapes nécessaires pour les atteindre. Elle fournit une feuille de route claire et structurée vers la réussite, qui peut favoriser l'adhésion des parties prenantes et guider la mise en œuvre du projet (Vogel, 2012).
D'autre part, la TdC est plus prudente et critique, soulignant l'importance d'identifier et d'atténuer les risques. Elle complète la théorie du changement en garantissant que les obstacles potentiels ne sont pas négligés et que des plans de deuxième ligne sont en place (Patton, 2011). Le tableau suivant resume la difference entre les deux concepts.
Tableau 1 : Analyse comparative TdC vs TdE
Aspect Théorie du Changement Théorie de l’Échec
Orientation Optimiste Prudente
Objectif Atteindre les résultats souhaités Éviter les échecs
Méthodologie Planification structurée Analyse critique des risques
Avantage Mobilisation des parties prenantes Préparation aux imprévus
Limite Risque de négliger les obstacles Vision parfois trop conservatrice
La TdC offre une vision claire et mobilisatrice, tandis que la TdE garantit une vigilance constante face aux risques. Leur complémentarité est essentielle pour une gestion de projet efficace.
5. Vers une approche intégrée : Synergie des deux cadres
Pour une approche holistique de la gestion de projet, il est recommandé d'intégrer à la fois la théorie du changement et la théorie de l'échec. Cette double approche garantit que, tout en visant la réussite, l'équipe de projet est également préparée à d'éventuels revers (James, 2011). Voici quelques étapes pour intégrer efficacement ces deux théories :
Planification compréhensive et complète : commencez par une théorie du changement détaillée pour définir les résultats souhaités et les interventions nécessaires. Parallèlement, élaborez une théorie de l'échec pour identifier les risques potentiels et les stratégies d'atténuation (Funnell & Rogers, 2011)
Suivi continu : mettez en place un système de suivi robuste qui permet de suivre les progrès vers les résultats souhaités tout en surveillant les points de défaillance potentiels (Bamberger, Vaessen, & Raimondo ; 2016).
Evaluation : à l’évaluation de base les deux théories permettent de revoir et rendre le projet pertinent. A mi-parcours, elles permettent de corriger et mettre en place des plans de deuxième ligne. Enfin à l’évaluation finale, cela permet de tirer les leçons des échecs pour les programmations futures.
Engagement des parties prenantes : impliquez les parties prenantes dans les processus de planification et d'évaluation des risques afin de garantir une compréhension commune et un engagement commun envers la réussite et la gestion des risques (Mayne, 2015).
Gestion adaptative : utilisez les informations tirées du suivi et de l'évaluation pour adapter et affiner la théorie du changement et la théorie de l'échec et de même le projet tout au long de son cycle de vie (Rogers, 2014).
6. L’IA au service des deux théories
L’intégration de l’intelligence artificielle ouvre une nouvelle ère pour la planification et l’évaluation des projets de développement. Grâce à Copilot Studio, nous pouvons désormais automatiser et enrichir la construction simultanée de la Théorie du Changement (TdC) et de la Théorie de l’Échec (TdE), en nous appuyant sur des capacités avancées d’analyse, de raisonnement et de modélisation.
L’IA permet d’explorer rapidement de vastes sources d’information, d’identifier les chaînes de causalité plausibles, de formuler des hypothèses contextuelles et d’anticiper les risques potentiels dès les premières étapes du cycle de projet. En générant automatiquement une TdC structurée et une TdE associée, Copilot Studio aide les équipes à visualiser à la fois les chemins de réussite et les chemins d’échec, renforçant ainsi la robustesse conceptuelle du design du projet. Cette approche intégrée permet de :
• accroître la qualité et la cohérence des modèles de changement ;
• détecter précocement les points de défaillance probables et leurs causes sous-jacentes ;
• proposer des stratégies d’atténuation adaptées et immédiatement exploitables ;
• adapter en continu les théories au fil des données de suivi et d’évaluation.
En combinant les forces de la TdC et de la TdE, l’IA joue ainsi un rôle d’assistant stratégique, facilitant une évaluation plus complète, plus réactive et plus fiable des projets de développement. Copilot Studio devient un véritable agent d’aide à la décision, permettant de transformer la manière dont nous concevons, suivons et évaluons l’impact.
7. Conclusion
La TdC et la TdE offrent chacune des cadres précieux pour comprendre et gérer les projets de développement. Alors que la théorie du changement fournit une voie claire pour atteindre les résultats souhaités, la théorie de l'échec garantit que les risques potentiels sont anticipés et traités. En intégrant ces deux approches, les professionnels du développement peuvent créer des projets plus résilients et plus efficaces, bien équipés pour faire face aux complexités et aux incertitudes inhérentes au travail de développement (Weiss, 1995). Cette double approche renforce non seulement la crédibilité du projet auprès des investisseurs, mais augmente également les chances d'obtenir des résultats durables et percutants (Connell & Kubisch, 1998).
Grâce à des outils tels que Copilot Studio, l’IA devient un véritable partenaire analytique, capable de renforcer la logique de projet à chaque étape : en stimulant la formulation des hypothèses, en détectant les risques émergents, en analysant des volumes de données auparavant inexploitables, et en générant des visualisations et scénarios dynamiques pour éclairer les décisions. L’IA ne se contente pas d’automatiser – elle amplifie la capacité d’analyse, améliore la cohérence des modèles et favorise une démarche d’apprentissage continu tout au long du cycle du projet.
L’intégration de l’IA dans les processus TdC/TdE n’est donc pas un simple ajout technologique, mais une évolution structurelle de l’évaluation : plus réactive, plus prédictive, plus fondée sur les données, et mieux alignée avec la complexité des interventions de développement. En adoptant ces innovations, les institutions peuvent concevoir des projets plus robustes, anticiper les points de défaillance avec davantage de précision et augmenter significativement les chances d’obtenir des résultats durables et mesurables.
En somme, la combinaison de la TdC, de la TdE et de l’IA constitue une approche intégrée et puissante, capable d’élever la qualité des analyses, de renforcer la crédibilité des projets et de transformer la manière dont nous évaluons l’impact dans un monde de plus en plus complexe.
8. Études de cas et Demo avec Copilot Studio AI Agent
Trois exemples illustrent l’application conjointe des deux théories :
Évaluation de base : Projet d’éducation en Afrique de l’Ouest.
Évaluation à mi-parcours : Projet de santé en Afrique de l’Est.
Évaluation finale : Projet de microfinance en Asie.
Ces cas seront détaillés durant la présentation afin de montrent que l’intégration TdC/TdE permet d’anticiper les défis, d’ajuster les interventions et de maximiser l’impact dans un contexte concret.
Speakers
| Name | Title | Biography |
|---|---|---|
| Dr Abdourahamane dit Baffa Keita | Lead Corporate Performance & Result Specialist, Membre de l'APEM | Polytechnicien et docteur en économie appliquée, Baffa cumule plus de 20 ans d’expérience en gestion et suivi-évaluation de projets en Afrique, Asie et Moyen-Orient. Expert en systèmes SÉRA et performance institutionnelle, il a travaillé avec banques multilatérales, ONG et bailleurs majeurs (DFID, UE, USAID…). Auteur et enseignant, il a publié plusieurs articles et deux ouvrages sur l’évaluation d’impact et la mise en place des systèmes SÉRA. |
Moderators
| Name | Title | Biography |
|---|---|---|
| Michée SAGARA | Secrétaire à l'Information et à la Communication de l'APEM | Monsieur Michée SAGRA est un expert reconnu en Suivi-Évaluation des projets et programmes, doté d’un solide parcours académique et professionnel. Titulaire d’un Master en Suivi-Évaluation (2017-2018) de l’Institut Sciences Campus du Burkina Faso, il avait déjà obtenu en 2016 un diplôme en Suivi-Évaluation à l’Africa Institute for Project Management Studios de Nairobi. Son parcours universitaire inclut également un Master en Gestion des projets et des organisations (2013, ISIM) et une Maîtrise en Anglais de l’ENsup. Sa carrière débute en 2011 à World Vision comme Coordinateur Conception, Suivi-Évaluation et gestionnaire du Projet Parrainage du Programme Zonal Développement de Koro. En 2017, il rejoint la MINUSMA comme Assistant Suivi-Évaluation, puis devient Expert MEAL à Welthungerhilfe (WHH) en 2018. En 2020, il occupe le poste de MEL Advisor chez Adam Smith International, avant de servir en 2022 comme Conseiller en Suivi-Évaluation, Redevabilité et Apprentissage à Save the Children International au Mali. Son engagement dans le domaine de l’évaluation se traduit aussi par son rôle d’ex-secrétaire administratif de l’APEM et sa pratique active de l’évaluation au Mali. Actuellement, il est Responsable Régional MEAL chez Terre des Hommes Lausanne, dans le cadre du projet Enfants et Jeunes sur les Routes Migratoires. Parallèlement, il exerce des responsabilités associatives : secrétaire à la communication et à l’information du bureau entrant de l’APEM et membre de la commission électorale indépendante de l’AfrEA. En dehors de ses fonctions institutionnelles, il consacre son temps libre au coaching, au mentorat et à la formation en MEAL ainsi qu’en gestion de projets et programmes. Ce parcours illustre une expertise approfondie, une forte implication dans le développement international et une volonté constante de transmettre ses compétences aux générations futures. |